La Mondrian

Ce blog a eu un an et une nouvelle année vient de commencer mais t’inquiète, Humanité, pas de risque que tu te coltines une énième fois des réflexions à la con sur le temps qui passe et le bonheur du « sharing is caring ». Non, je te l’ai déjà dit, tu ne trouveras rien de prévisible sur ce blog.

En juillet 1965, un certain Yves Saint-Laurent présentait une collection Automne-Hiver qui allait faire de lui le roi de Paris. Dans cette collection, dix robes donnaient vie aux tableaux Compositions de Piet Mondrian. Oui, Humanité, ces peintures abstraites composées de formes géométriques carrés ou rectangulaires dans des couleurs primaires, noires ou blanches et que tu aurais très bien pu peindre toi-même si seulement tu en avais eu l’idée. Les robes ont, comme pour faire écho au minimalisme des tableaux, une coupe simplissimes qui fera florès: 3 trous, courte et droite. Encore un concept qu’un enfant de 5 ans aurait pu avoir ?  Azzedine Alaïa, l’heureux dessinateur des patrons, était bien plus âgé que ça. Comme quoi certains n’échappent pas à leur destin, les veinards.Collection Mondrian D'Yves Saint Laurent

En janvier 2014 sort un film français subtilement intitulé YSL . Mmmmh, de quoi peut-il bien parler ? On se le demande… Et voici ce que j’ai pu apercevoir de la bande-annonce car, à ce jour, c’est tout ce que j’ai pu voir de ce film :

yves-saint-laurent-le-film-robe-mondrian

Bon, c’est bien beau tout ça mais où veux-je en venir ? A septembre 2010, Humanité, à septembre 2010. Je m’étais alors inscrite à un atelier de couture pour apprendre les rudiments de cet art ( comprendre « apprendre à faire un ourlet à la machine, quoi ») et très vite l’idée de travailler sur un projet concret s’est imposé et devine quel a été le mien, Humanité. Je te le donne en mille:

Robe Mondrian Yves Saint Laurent

Voilà quel a été le tout premier projet couture de ma laïfe. Et, on ne dirait pas comme ça, mais j’en ai bavé. D’abord pour dessiner le patron. Impossible d’en trouver un dans le commerce malgré la coupe basique et le dessiner a été épique. Trouver un bon bouquin de patronage n’est pas entreprise facile mais même une fois trouvé, la pratique réserve toujours des surprises que la théorie ne laissait pas envisager. Bref, cela fut long et parfois pénible mais le but, à savoir me pavaner un jour dans une Mondrian, m’a fait tenir bon. Le second défi a été de trouver les bonnes teintes de couleur, le tout dans un même tissu. Le noir, le blanc et même le rouge passent encore mais les bonnes nuances de bleu et de jaune ? Bôôôôôôôôcoup plus difficile … J’ai finalement trouvé, à Paris (donc loin de chez moi) et surtout, dans un coton d’ameublement. On est loin de la soie d’origine mais c’est ça, être pauvre, je suppose. Du coup, ma version, plus courte que l’originale, n’en a pas la fluidité et froisse beaucoup plus m’enfin, si je devais compter tous les défauts de ma robe… Premier patron dessiné de rien alors que je savais à peine enfiler une aiguille… Bien qu’il  soit truffé d’imperfections, je suis en fait extrêmement fière de mon tout premier projet et je le porte dès que je le peux. Aucun risque de le voir sur ma voisine, collègue, copine, inconnue du bus/métro.  Je sais bien que, comme tout un chacun, je suis unique en mon genre et que je n’ai nul besoin d’artifice pour m’en assurer. Porter cette robe ajoute simplement à ma singularité.

Et Bonne Année tout de même, Humanité 😉

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